Pourquoi je ne vais plus aux mariages d’inconnus.

Chez nous (Archipel des Comores), on a la culture des graaaaaands mariages. Combien de fois êtes-vous allé à un mariage alors que ne connaissiez même pas les mariés ? Ni même leur famille! Invité par une copine, elle-même invitée par des amies. Très souvent même leurs noms nous sont inconnus. J’ai de plus en plus de mal pour ça. Je ne parle pas d’aller aider une amie à organiser le mariage de sa soeur. Non! Mais d’y aller pour le « m’as-tu-vu ». Le mariage de mes proches (amis et famille que je connais), si j’ai l’occasion d’être présente alors je serai là à 1000%. Mais si un jour, vous m’invitez à un mariage d’une personne que je ne connais pas, ne le prenez pas personnellement si je vous dis NON. C’est que j’ai sûrement prévu d’investir cet argent ailleurs.

Ah les mariages, que du bonheur. Cet instant intime, de partage avec ses proches … enfin pas chez nous du moins. PLUS ON EST DE FOUS PLUS ON RIT. Plus il y a de personnes, plus il y aura d’argent pour la famille de la mariée. La quantité de nourriture sera toujours plus que suffisante puisque on y fait même son stock de nourriture et boissons pour plusieurs jours … voir plusieurs semaines.

Août 2019, je viens d’arriver. Je me réadapte à ma nouvelle vie et … qui dit arrivée pendant l’été dit MARIAGES !! Tu peux te retrouver invitée à plusieurs mariages le même jour. « Désolée je vais déjà à Tsingoni avec ma mère ». Souvent dans un week-end, samedi tu es à Mtsahara et dimanche à Tsingoni. Mais ne vous leurrez pas, je ne suis pas là pour vous donner mon avis sur le Manzaraka. Je suis là pour vous expliquer à quel point je n’arrive plus à aller à des manzarakas d’inconnus.

J’ai toujours considéré que le mariage est quelque chose d’intime, de privé. Un moment qu’on partage avec ses proches qu’on aime profondément. J’essaye de me dire « Ok c’est comme ça chez moi. c’est cool. Chacun fait ce qu’il veut ». Beaucoup nous disent que le mariage est une affaire de famille et c’est vrai. Dans ce jeu de pouvoir et d’argent, ce sont les familles qui sont mises à l’honneur. Et si j’en ai fait un, c’était sûrement pas pour les mêmes raisons que la majorité des personnes qui le font. Mais ça c’est une autre histoire.

Lorsque je ne connais pas les mariés, je m’ennui ! A MOURIR ! Imaginez-vous à un mariage de quelqu’un que vous ne connaissez pas. Ok vous êtes avec des copines/soeurs/cousines, ça danse ça chante … Yilililililili (soyez rapide sinon ça fait bizarre). Mais en fait … moi je cherche le plaisir de danser parce que je suis contente pour ma cousine/ma soeur/mon amie. J’aime l’émotion qui émaaaaaane de ce moment. Le bonheur de partager ce moment avec une personne qui m’est chère. Quand tu danses et tu chantes pour ta sistaaaah (ou parce que tu sais que ton brodahhh a choisi une Queen, ça marche aussi).

VOUS VOYEZ CE SENTIMENT DE JOIE ! Danser jusqu’à transpiraaaation (bon je m’arrête là, je m’emporte un peu et ça fait beaucoup de parenthèse). C’est ça que je cherche.

Je conçois que tout le monde ne cherche pas la même chose et honnêtement vous faites ce que beau vous semble de votre temps et votre argent. Mais faites-le en étant conscients que ce sont des valeurs précieuses. Le temps perdu ne se rattrape pas, l’argent perdu non plus. Mais ça, c’est nettement moins grave. Mais votre temps …

Mais revenons à nos billets. Pour aller à certains mariages d’inconnus, certains te demandent de sortir AU MOINS 50 euros, parce qu’il y a des objectifs par djavy (oui oui oui : BUSINESS BUSINESS). Petit calcul. 50 euros samedi, 50 euros dimanche. 100 euros sur un week-end. Ce n’est qu’un minimum, certaines déboursent 3 à 4 fois plus par mariage … En attendant lorsque je voulais m’acheter des livres je me disais « purée j’ai déjà plus d’argent WTF ».

Je ne dis pas que c’est bien ou mal. Mais ça ne me correspond pas, en tout cas plus maintenant. Parce que cela me pénalise. Lorsque j’ai voulu investir dans un projet, je me suis retrouvée … déphasée. Où était passé tout cet argent ? Comment j’ai pu dépenser 300 euros sans en être consciente, en à peine quelques semaines ? C’est énorme ! Qu’est ce que ça m’a réellement apporté personnellement ?

Depuis quelques années je travaille énormément sur moi : programmes de développement personnel, livres. Je lis beaucoup. J’aime lire. Mais les livres, conférences, programmes, il faut les payer. J’ai fait des programmes gratuits qui ont été très bénéfiques pour moi, mais j’ai besoin de plus. J’ai atteint un palier qui nécéssite bien plus et ce plus coûte bien plus chère qu’une tenue de mariage de Manzaraka.

« Tout ça pourquoi ? Tu as un emploi un bon travail » m’ont déjà dit certains. Je n’ai pas la capacité de débloquer certaines de mes peurs toute seule ou encore accéder à certaines connaissances sur le marché financier. Alors travailler avec des personnes qui ont des connaissances dans le milieu me semble primordial. Il ne s’agit pas juste de discuter autour d’un café mais de conférences, de programmes, etc. J’aspire à des choses tellement plus grandes … et pour ça je dois travailler sur moi et débloquer tout ça. D’ailleurs depuis peu, je revois une psychologue et elle aussi, il faut la payer. En parallèle, je soigne mon corps qui a subi de gros traumatismes physiques par le passé qui n’ont pas été soignés. Cela me rattrape et la grossesse a fait que ça a empiré. Il ne s’agit pas de voir un médecin 1 fois tous les 2 mois, il s’agit de longues séances d’ostéopathie, longues rééducations avec un kiné … avec une mutuelle qui nécessite la vente d’un rein (bon ok j’exagère un peu).

Alors je me suis assise et je me suis dis « ok, on en est là. Maintenant on fait quoi? ».
Pour pouvoir prendre des décisions qui me font passer en priorité c’est très dur, surtout quand il est questions d’argent et de validation sociale. Parce qu’on nous apprend qu’il faut que les autres nous aiment (arrêtez de vous mentir à vous mêmes, combien de fois vous avez dit oui alors que vous vouliez dire NON!). Toutes ces petites choses qui nous montrent à quel point on va chercher l’amour des autres au lieu de s’aimer soi dans un premier temps.

Pour pouvoir débloquer des situations en lien avec l’argent il faut s’éduquer dessus. C’est ce que j’ai fait dans un premier temps avec des programmes de Lyvia Cairo. Gratuits puis payants. Je pense qu’il est absolument nécessaire travailler son rapport à l’argent, surtout quand on doit travailler avec de grosses sommes d’argent. Pour certains, lire même le mot ARGENT les fait trembler tellement ils sont mal à l’aise. ça m’arrive encore de ne pas oser aborder ce sujet dans certaines situations et avec certaines personnes, parce que ma relation à l’argent n’est pas encore tout à fait saine et consciente. Lorsqu’on travaille son rapport à l’argent, on en devient plus consciente de ce qu’on dépense. Combien de fois vous êtes vous retrouver à découvert alors que vous pensiez que vous étiez laaaaaarge avant d’y arriver? Frustré parce que vous dépensez sans même regarder dans quel état est votre compte en se répétant « YOLO » pour vous rassurer.

Et dans un deuxième temps, j’ai commencé travailler sur moi et mon rapport aux autres. Savoir dire NON, sans m’inventer une cousine qui vient d’arriver que je ne peux pas laisser en plan, ni culpabiliser toute la journée parce que « elle va sûrement m’en vouloir d’avoir dit non!! je me sens tellement mal ». « Les gens vont sûrement dire/penser que … ».
J’ai dû apprendre que MON BIEN-ÊTRE est prioritaire. Mais attention entre apprendre et appliquer il y a une marge. Nous sommes nombreux à lire, à faire tout ce travail sur nous avec ou sans aide extérieure … mais quand il s’agit d’appliquer tous ces principes « hein quoi … moi? non bah non bah je sais pas. t’es sûre que c’est moi qui t’ai dit ça? ». Ah … ça bégaye.

Lorsque j’ai pris cette décision j’ai eu peur. J’ai eu peur qu’on me juge. J’ai eu peur d’avoir une fille et qu’elle me demande un Manzaraka : comment je vais faire? Il y aura personne. Mais en fait … ça ne change rien à ma décision. J’ai eu peur que les gens disent « mais pour qui elle se prend celle là? ». J’ai eu peeeeeeeeeur. En ce moment j’écrit cet article et j’ai peur de pleins de choses : l’avis des gens, le regard des gens.

Mais c’est parce que j’ai peur que je le fais et que je dois le publier

Il faut se poser les bonnes questions et arrêter de faire « parce que c’est comme ça » ou encore pour être bien vu, pour convenir aux normes sociales. Les normes sociales ne nous aident pas à avancer. Jusqu’à aujourd’hui en essayant de me conformer à ce que la société voulait n’a fait que me compresser et m’empêcher de faire ce que je voulais vraiment.

Je vous invite à lire le dossier de Mayotte Hebdo de la semaine (Oui, c’est moi sur la couverture) sur les revers de la médaille, rédigé par la talentueuse Raïnat Aliloiffa.

Soyez vous-même et osez dire non. Osez dire lorsque vous n’en avez pas envie. Sans forcément justifier votre non. Vous n’avez pas besoin de vous justifier en longueur de journée. On fait tellement de choses par peur d’être rejeté. Par peur de ne plus être aimé … par peur de ne plus suffire. Alors qu’être nous devrait suffire. Il est temps d’arrêter de faire certaines choses par « obligations sociales » ou par peur.

Comme je vous l’ai dis plus haut lorsque j’ai pris cette décision j’ai été submergée de PEURS. Mais c’est parce que j’ai peur que je dois encore plus le faire. Parce que si je devais écouter mes peurs à chaque fois qu’elle se présentent à moi, je n’avancerai pas ! Je n’aurai jamais crée ce blog. Je n’aurai jamais fais un bébé. Je n’aurai pas fait une story avec des cheveux qui ressemblent étrangement aux antennes radios de l’océan Indien …

Je vous rappelle que je ne suis pas là pour vous dire si le Manzaraka est bien ou pas, chacun fait ce qu’il veut de son argent. Je suis là pour vous rappeler que votre bien-être est prioritaire. Qu’être vous suffit amplement. Que vous devez choisir ce qui est réellement juste et bien pour vous pas pour les conventions sociales. Il est important de se poser les bonnes questions et de faire ce qui est juste pour nous. Mais alors si vous êtes capables de sortir 50 euros à 300 euros dans un mariage de quelqu’un, vous devez être capable de faire la même chose POUR VOUS, d’investir en vous.


Sur ces mots, je vous laisse méditer.

12 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Abdillah dit :

    Wouah, cela m’a fait tellement du bien de te lire, vous m’avez donner du courage aussi à penser à moi et mon bonheur avant les autres. Je travaille aussi sur mon développement personnel, j’espère et je sais qu’on y arrivera à oublier ces peurs et pouvoir confronter certains difficultés.

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    1. moonflavor dit :

      Les peurs sont toujours là. Même lorsqu’on a déjà bravé beaucoup de choses. Elles sont là. Le plus grand combat est de décider : les écouter ou les défier. Je te souhaite beaucoup de force et de courage. Je suis contente que mes mots t’aient inspiré à penser à toi. Continue toujours de penser à ton bien-être. Je ne sais pas s’il y a une chose sur terre qui vaille qu’on sacrifie notre santé mentale, physique et psychique.

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  2. curlyhoney dit :

    Le fameux, je suis moi même invité à un mariage, mais je t’invites 😂😂😂
    Mais c’est le mariage de qui? Je ne sais pas, un invité m’a invité 😂
    Très bon article!!

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    1. moonflavor dit :

      Haha c’est exactement ça !!
      Merci beaucoup ma belle ^^

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  3. M.chakila dit :

    Toute à fait raison. La culture nous étouffe par l’extravagance dans laquelle nous sommes conduit. Qui souvent détruit notre vie personnelle.

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    1. moonflavor dit :

      L’extravagance nous la trouvons dans toutes les cultures. Le danger réside dans l’extravagance alors que bcp n’en ont pas les moyens … et font les choses pour le regard de la société !! Pour chercher l’approbation des autres … Et c’est bien là le danger.

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  4. Niido dit :

    Tout à fait d’accord. Il faut arrêter de vivre pour les autres de souffrir bêtement pour les autres même quand ils n’en demandent pas tant. Ça finit par devenir un cercle vicieux parce qu’on pense à soi en tout dernier. Des miettes. Les kegné c’est nous quoi 🙄. Un peu d’amour pour soi pour cette année. Manzaraka et autres dépenses pour les autres c’est cool mais investir pour son bien être c’est PRIMORDIAL.

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    1. moonflavor dit :

      Hello !! Cette année, ce n’est pas qu’un peu d’amour pour soi : c’est BEAUCOUP D’AMOUR !! ^^
      Investir en soi en temps, en argent, en relations … tout tout tout !! Il est temps de se rappeler pourquoi on est là ^^

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  5. OrMyself dit :

    Salut!
    Félicitations tu as su trouver le courage de publier cet article et donc de faire un pas de plus vers la femme extraordinaire que tu es entrain de devenir.
    C’est pas évident de (se)déconstruire pour se construire, surtout dans une société on confonds (parfois volontairement) altruisme et négation de sois. Mais garde en-tête que c’est parfaitement faisable meme si c’est un travail de tous les jours.
    Encore bravo!
    Bon courage.

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    1. moonflavor dit :

      Merci pour tes mots ❤ Merci de m'avoir lu ^^.
      C'est tout à fait ça. Se déconstruire pour se reconstruire n'est pas évident. Lorsqu'on nous a martelé que c'est comme ça qu'il faut être. Mais lorsque la décision est prise, il faut se laisser porter et braver ses peurs.

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  6. Maïyah dit :

    Mais arrête c’est trop bien quand un ami nous invite à un mariage alors que lui même est un invité sa prouve que l’amitié est solide 😅 mliché mgnaho andré alé lada ya moina oujouwa fetré amba mabouéni oihibao tari wawo roguowa amba « koula kaja vani balahé m’lémba » aou « moina déani véléha dagoni vani tsatsoja moina déani véléha »😅. Bon je redeviens sérieuse, tu as tout à fait raison sur tout ce que tu as écrit, mais parcontre tu as oublier de préciser que les mariages ne sont pas les mêmes sur les îles des Comores. Là tu as parler du manzaraka qui est typiquement Mahorais. Mais à Anjouan sa se passe autrement il n’y a pas de djavi, ni d’invitations, vu que l’annonce est faite au micro(soit de la mosquée) ou c’est dit directement à la radio (en tout cas à Domoni Anjouan c’est comme sa que sa se passe), après les gens si ils peuvent venir tant mieux si ils peuvent pas personne ne les forcent. Après à la grande comores le Anda se passe autrement.
    Bref merci pour cette article.

    Ps: j’ai vu une pub de ce blog via des story et je me suis dis qu’il faut que je viens jeter un coup d’œil. Et franchement j’ai bien fais d’être venue jeter un coup d’œil.

    Vivement le prochain article in sha Allah.

    Bonne continuation.

    Aimé par 1 personne

    1. moonflavor dit :

      Hello ! Haha c’est aussi une façon de voir la solidité d’une amitié xD.
      Dans le cas des autres îles aux Comores, certes c’est fait par micro à des moments mais il y a aussi les invitations de bouche à oreille, les cartes d’invitations … de plus en plus. Pour avoir notamment les dates des différentes fêtes. La carte peut être imprimée des fois, moi j’en ai déjà reçu via Facebook ^^. Les gens publient même en statut sur leur réseaux sociaux.
      Certes les gens viennent s’ils peuvent mais quand il s’agit de l’entourage ça reste très mal vu lorsqu’on ne répond pas à l’invitation d’une personne.
      Quand ma mère organise quelque chose à Anjouan, elle invite d’elle même les gens!
      Il n’y a pas de djavy mais trou gnayidza ça revient un peu au même on espère toujours recevoir de l’argent.
      Après je ne sais pas comment ça se passe en Grande Comores non plus.

      Mais l’idée ici était aussi d’introduire le fait d’utiliser son argent en toute conscience. Cette philosophie s’applique à bien d’autres aspects de la vie. EXEMPLE : On m’invite à une sortie où il faut prévoir des dépenses (entrée, consommation de boissons ou repas etc).): c’est au dessus des moyens ou j’ai prévu autres choses pour cet argent (je voulais acheter un livre) mais j’ai peur de dire non (pour des raisons qui sont propres à chacun selon ses blessures). Si j’écoute cette peur je vais y aller et dépenser sans conscience vraiment. sans que cela vraiment aligné à ce dont j’ai réellement envie, sans penser à moi en premier.

      Il faut surtout retenir ici qu’il est important de faire les choses en prenant conscience de ce qu’on fait, pourquoi on le fait. Dans la joie et pas pour combler quelque chose notamment.

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